Prix de Flore pour Nina Yargekov et « Double nationalité »

Mardi le 8 novembre 2016, Nina Yargekov, la romancière de 36 ans, d’origine hongroise, a reçu le prix de Flore pour son troisième roman « Double nationalité » publié chez P.O.L.

Vous vous réveillez dans un aéroport.
Vous ne savez pas qui vous êtes ni où vous allez.
Vous avez dans votre sac deux passeports et une lingette rince-doigts.
Vous portez un diadème scintillant et vous êtes maquillée comme une voiture volée.
Vous connaissez par coeur toutes les chansons d’Enrico Macias.
Vous êtes une fille rationnelle.
Que faites-vous ?

À partir de cette amnésie s’agit-il de s’inventer une vie ? de la reconstituer ? Et s’il s’agissait de deux vies, en fait ? Car c’est, comme son titre l’indique, cela le sujet de ce nouveau roman de Nina Yargekov : comment se débrouiller de deux cultures, deux langues, deux sensibilités, comment, de fait, mener une double vie alors qu’on voudrait beaucoup, même facétieuse et indisciplinée n’être qu’une ? Mais, à l’inverse, comment supporter que le pays dans lequel on semble vivre se prépare à l’adoption d’une loi interdisant la double nationalité ?

Nina Yargekov est née en 1980, à l’étranger, en France. Elle a déjà publié deux romans: « Tuer Catherine » en 2009 et « Vous serez mes témoins » en 2011. Elle écrit le jour, la nuit, dans l’espoir de devenir espionne, même si elle ne se fait guère d’illusions sur la crise structurelle qui frappe les services secrets depuis la chute du mur de Berlin. Elle aime la tarte citron meringuée, les boîtes de rangement et surtout le Code civil, qui est son œuvre de fiction préférée.

Le prix de Flore est un prix littéraire français fondé en 1994 par Frédéric Beigbeder. Ce prix récompense un jeune auteur au talent jugé prometteur par un jury de journalistes. Il est décerné au mois de novembre de chaque année au Café de Flore à Paris. Le lauréat reçoit, outre une récompense pécuniaire de 6 150 euros, le droit de consommer chaque jour pendant un an au Café de Flore un pouilly-fumé dans un verre gravé à son nom.