Prix UNICEF de Littérature Jeunesse pour « L’expulsion » de Murielle Szac et Thierry Magnier

Le 14 octobre au Salon régional du Livre Jeunesse 2016, à Troyes, l’UNICEF a décerné le prix de Littérature Jeunesse Catégorie 6-8 ans à « L’expulsion » de Murielle Szac et Thierry Magnier, publié chez éditions Oskar.

« L’expulsion » est un roman court qui nous met dans la peau de la petite Bintou, dix ans, expulsée en pleine nuit de son immeuble insalubre avec sa famille par les forces de police.

Un matin, Bintou et sa famille sont réveillés par des cris dans l’immeuble. Des policiers évacuent l’immeuble, parce qu’il est insalubre. C’est vrai qu’elle rêvait d’une vraie maison, et d’une chambre où inviter ses copines, mais Bintou est ici chez elle depuis dix ans, même si c’est petit et que la peinture se décolle. Des policiers les obligent à sortir, mais le père de Bintou résiste et se fait plaquer au mur et menotter. Derrière, une caméra filme la scène. Les enfants sont réunis dans un bus, où une policière leur explique qu’ils ne peuvent pas rester vivre là, mais qu’elle ne sait pas encore où ils iront. Des gens du quartier sont dehors, à crier leur indignation. D’un coup, la maîtresse de Ce1 de Bintou monte dans le bus, et emmène les enfants à l’école.

Ce petit roman évoque de façon très juste et sobre un thème brûlant d’actualité. Des phrases courtes et un vocabulaire courant ancrent le récit dans la réalité, tout en s’autorisant beaucoup de poésie grâce au point de vue de Bintou : « une rangée de policiers casqués formait une allée. On aurait dit une haie d’honneur, comme celle qu’on avait fait à la sortie de la mairie pour encadrer Safia et Moktar, le jour de leur mariage ».

L’agitation, la révolte des uns contraste avec l’immobilité et la peur des autres. Quelques flash-back nous font pénétrer dans l’histoire de la famille, leur quotidien, leurs espoirs.

Murielle Szac est une journaliste, écrivain et réalisatrice de documentaires française. Murielle Szac a assisté à de nombreuses expulsions dans le quartier où elle vit, durant l’été 2006. Peut-être c’est la raison pour laquelle on sent dans ce petit roman toute l’indignation et la colère d’un auteur, mais avant tout d’une citoyenne.

Thierry Magnier est enseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d’une revue et auteur d’un album chez Gallimard jeunesse.Thierry Magnier a créé sa propre maison d’édition en 1998.

L’UNICEF France a lancé son prix pour la  littérature jeunesse afin d’encourager la lecture chez les plus jeunes et de promouvoir le droit des enfants. Trois prix seront décernés chaque année: le Prix Unicef de littérature jeunesse, catégorie 0-6 ans; le Prix Unicef de littérature jeunesse, catégorie 6-8 ans; et le Prix Unicef de littérature jeunesse 2016, catégorie 8-11 ans. Pour la première édition en 2016, les Prix ont récompensé des ouvrages qui abordent la question de la protection des enfants, au sens large : maltraitance, guerre, exploitation, maladies, mal-être émotionnel physique ou mental, vulnérabilité face à la violence, rôle de protection des parents,… Le jury est composé de 10 enfants et 10 adultes – dont la marraine de l’opération, Elodie Gossuin. Du 15 mai au 15 septembre, les enfants de toute la France ont été invités à voter (dans le réseau des médiathèques, bibliothèques, centres de loisirs participants, et en ligne) pour le livre de chaque catégorie qu’ils ont préféré. Il y avait près de 3000 d’enfants qui ont participé cette année.