Lauréat du Prix Décembre 2015

Le prix Novembre est créé en 1989 par Michel Dennery, qui possède la société de gravure et papiers de luxe Cassegrain, assurait la dotation du prix, à hauteur de 200 000 francs (30 500 euros). Mais celui-ci démissionne du jury à la suite du couronnement de Michel Houellebecq, dont il désapprouvait l’œuvre. Le prix bénéficie depuis cette date du mécénat de Pierre Bergé, mais le prix dut changer de nom car l’ancien mécène l’avait déposé. Le prix Novembre devint donc le prix Décembre. Le prix est décerné chaque année à la fin du mois d’octobre ou au début du mois de novembre. Les résultats proclamés initialement à l’Hôtel Meurice puis au Lutétia.

En 2014, le jury s’assemble le 6 novembre au Théâtre des Champs-Élysées. Il offre 30 000 euros au lauréat — ce qui fait du prix l’un des mieux dotés de tous les prix littéraires de la rentrée.

En 2015, le prix Décembre a été attribué à l’ouvrage « Un amour impossible » de Christine Angot.

Un amour impossible

Christine Angot/Flammarion

Pierre et Rachel vivent une liaison courte mais intense à Châteauroux à la fin des années 1950. Pierre, érudit, issu d’une famille bourgeoise, fascine Rachel, employée à la Sécurité sociale. Il refuse de l’épouser, mais ils font un enfant. L’amour maternel devient pour Rachel et Christine le socle d’une vie heureuse. Pierre voit sa fille épisodiquement. Des années plus tard, Rachel apprend qu’il la viole. Le choc est immense. Un sentiment de culpabilité s’immisce progressivement entre la mère et la fille. Christine Angot entreprend ici de mettre à nu une relation des plus complexes, entre amour inconditionnel pour la mère et ressentiment, dépeignant sans concession une guerre sociale amoureuse et le parcours d’une femme, détruite par son péché originel : la passion vouée à l’homme qui aura finalement anéanti tous les repères qu’elle s’était construits.

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Née en 1959, Christine Angot est l’auteur de romans, dont Sujet Angot (1998), L’inceste (1999), Pourquoi le Brésil (2002), Les désaxés (2004), Le marché des amants (2008) et de pièces de théâtre, dont La place du singe (Théâtre de la Colline, 2005). Elle a préfacé une monographie sur Jean-Michel Othoniel (Flammarion, mai 2006).