Le cours de français juridique : une logique d’ouverture à l’international et à la France

Stéphane-Laure Caubet, fondatrice et directrice de 8S2Business (8S2B), une société de consulting en organisation et stratégie, qui aide et accompagne les entrepreneurs à lancer leur entreprise.

Installée au Vietnam depuis 5 ans, Stéphane-Laure est Docteure en Droit Public. Elle intervient dans le cadre des cours de français juridique depuis son arrivée à Hanoi et donne également des cours de droit des affaires internationales dans plusieurs universités.

Salut Stéphane ! Un cours de français juridique au Vietnam, c’est original, non ?

Il est vrai que cela sort un peu de l’ordinaire, c’est d’ailleurs ce qui a attiré mon attention et l’une des raisons pour laquelle j’ai souhaité y collaborer, dès mon arrivée à Hanoi, en 2011. En réalité, plus qu’être originaux, je pense que ces cours s’inscrivent dans une logique d’ouverture de nos étudiants à l’international et à la France en particulier.

C’est aussi l’esprit que l’on retrouve chez les enseignants, avec une équipe de professionnels vietnamiens et français réunis dans le cadre de cette formation.

Quant au profil des participants, beaucoup sont des étudiants issus de formations juridiques bien sûr mais également d’école de commerce, d’autres sont déjà dans la vie active. Les promotions sont majoritairement vietnamiennes, clairsemées d’étudiants d’autres nationalités telles que hollandaise, marocaine ou encore coréenne.

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L’apprentissage du droit français est ici un vecteur d’échange. Au-delà de la langue que nos candidats connaissent déjà, ils ont pour certains principalement la volonté de comprendre ou découvrir la logique interne du système juridique français et pour d’autres la volonté de partir en France pour étudier. Ils affectionnent particulièrement la culture et la langue française, veulent aller plus loin, nos étudiants sont motivés et curieux ce qui rend le travail passionnant.

Quelles sont les spécificités de cette formation ?

Il s’agit de proposer une formation diplômante, ce qui est un atout supplémentaire pour nos étudiants.

En effet, la formation entre dans le cadre du Diplôme de Français Professionnel – Juridique proposé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris et atteste de façon officielle d’un niveau de compétence de langue française spécialisée.

Le diplôme est professionnalisant et vise à valoriser les compétences en français de nos étudiants, mais aussi leur employabilité dans un contexte juridique.

C’est dans ce sens qu’en enseignant la méthodologie juridique, je fournis des outils pratiques et d’analyses, nécessaires à la bonne compréhension du système juridique français. Pour se familiariser avec ce cadre, les exercices comprennent entre autres l’étude de décisions de justice, la rédaction de documents juridiques types tel que des attestations, des demandes formelles et des contrats, mais aussi des fiches de synthèse.

Nous approfondissons et analysons ainsi les différentes matières traitées dont le champ peut aller de l’étude des institutions aux pratiques contractuelles. Les sujets couverts par les enseignements permettent d’élaborer un programme fourni, en termes de mise en situation des participants à l’écrit et à l’oral, pour gagner en indépendance dans l’exécution de tâches juridiques classiques.

Outre l’apprentissage du langage que l’on sait spécifique en droit, les étudiants sont donc amenés à appréhender des exercices pratiques et ont même la possibilité, pour les plus courageux, de s’essayer, en parallèle de la formation, à des concours d’éloquence et de plaidoirie.

Les épreuves sont enseignées au Vietnam par des professionnels du droit et les copies d’examens sont corrigées à Paris. Par ailleurs, depuis 2 ans la Fondation pour le droit continental propose une bourse pour permettre au major de promotion de participer à son université d’été pour le droit continental (3 semaines en juillet à Paris).

La remise des diplômes en Septembre 2015 à Hanoi

Tu fais partie de l’équipe pédagogique depuis quelques années maintenant ; as-tu suivi le parcours de certains de tes étudiants, particulièrement brillants ?

Oui, j’en ai même revu certains à l’ambassade de France du Vietnam, en cabinets d’avocats ou travaillant pour des ONG.

J’ai aussi eu l’occasion d’être particulièrement touchée par certains de mes étudiants qui m’écrivaient de France pour me remercier et même m’annoncer qu’ils souhaitaient poursuivre et préparer une thèse de doctorat en droit et en français. Ils sont brillants, mais aussi épatants !

La remise des diplômes en Septembre 2015 à Hanoi

Tu connais les étudiants, tu connais aussi les formateurs. D’où sortent-ils ?

Les formateurs sont tous des professionnels du droit et ce qui est vraiment intéressant c’est que nous occupons tous des postes assez variés. Il y a des avocats, des consultants, des professeurs d’université, des personnes travaillant dans des ministères et des juristes d’entreprises. Sans compter que des conférences sont proposées avec l’intervention notamment de magistrats et d’autres représentants de professions juridiques.

La diversité de l’équipe permet d’avoir une approche pédagogique aussi bien théorique que pratique. Composée de formateurs vietnamiens et français nos rencontres sont guidées par des échanges d’expériences au travers du socle commun que nous avons tous en participant à ces cours, le droit, le français mais aussi le Vietnam.

Je considère avoir beaucoup de chance de travailler avec une équipe aussi ouverte et professionnelle, c’est vraiment une belle expérience.

Merci Stéphane, et rendez-vous en octobre pour la rentrée du cours !